Springsteen en exclu interview pour rolling stones Oct 2007

Publié le par mikael bourbon

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Bruce Springsteen: The Rolling Stone Interview

Le chef du ESB parle de la réalisation de son disque le plus romantique depuis BTR

Cet après-midi Bruce Springsteen est préoccupé par plusieurs choses. Il y a les répétitions avec le groupe et la tournée de 17 dates qu’il commencera bientôt. Il y a le nouvel album qu’il a fait, Magic, sa 3ème  production en 18 mois. Il y aussi le contenu de  l’album, des trucs denses tels que la direction de notre démocratie et des trucs plus légers qui évoquent les jours où les étincelles ont commencé à voler sur E Street il y a  plus de 30 ans. Et il y aussi quelque chose d’autre : son fils aîné a un match de foot à 4.30

La vie de Springsteen à 58 ans est centrée sur la famille et sur la musique. Ca n’a pas toujours été le cas; Pendant longtemps, il y a eu seulement la musique. et puis pendant un  certain temps, seulement la famille. L’équilibre qu’il a trouvé, et son élan de créativité , est relativement récent. “j’ai passé environ 10 ans sans avoir de destination précise” dit-il, faisant allusion à l’époque où il s’est s’installé à LA, s’est marié pour la 2ème fois et a eu ses enfants. Lui et sa femme Patti Scialfa ont 3 enfants, Evan, 17 ans, Jessica, 16 et Sam, 13 ans

Les 10 années que Springsteen mentionne correspondent grosso modo à la période durant laquelle l’ESB était inactif, de 1988 à 1999. Durant cette période , Springsteen a  redéfini sa carrière et sa musique plus radicalement que n’importe quel grand artiste, à l’exception de Dylan , l’éternel escroc.

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Ayant atteint un niveau de popularité interplanétaire que sa musique et son ambition avaient toujours exigé,  Springsteen s’est retiré. Le thème de ses chansons change , introspectif d’abord puis extrospectif. les albums les plus personnels qu’il n’ait jamais réalisé, LT et HT, étaient , comme il l’a fait remarquer, ses plus heureux et  les moins réussis d’un point de vue commercial.
En 1995, GOTJ, un album littéraire au message politique, Raymond Carver rencontre Woodie Guthrie, sort après la naissance de son dernier enfant. Il est passé, en 7 ans, des stades aux salles de concerts, aux auditoriums, un homme seul avec sa guitare acoustique

En 1999, juste avant son 50 ème anniversaire, il part en tournée avec l’ESB, pour la 1ère fois en plus de dix ans. Comme il l’a toujours fait , le groupe met des muscle et de la chair sur les mots, Springsteen  reprenant contact avec le rock et l’âme qui ont été  la 1ère source de sa musique. Cela est clair quand je regarde le groupe répéter pour leur nouvelle tournée au Convention Hall d’Asbury Park, NJ, un grand groupe qui se retrouve dans une pièce de la taille d’un gymnase scolaire pour s’échauffer  avant un grand marathon. Dans cette voix familière pleine de gravier, Springsteen trace dans l’air des parcours mélodiques à la Sam Cooke

Dans Magic, on retrouve l’esprit d’Asbury ParK avec un  grand son que Springsteen avait abandonné après BTR. “Récemment, j’ai eu une petite liaison amoureuse avec mes anciens morceaux” dit-il. “Il y avait beaucoup de liberté. Quand on commence et quand on finit - c’est quand on n’est plus sous pression. Au début, tu n’es pas assez connu pour vraiment être en compétition avec d’autres. Et à ce stade (de ma carrière), je ne suis pas en compet avec 50 Cents, j’essaie pas d’être sur MTV. Je joue pour moi, mon groupe et mon public.” Comme il l’explique quand nous nous asseyons backstage au Convention hall, Magic utilise les sons du passé pour mettre en avant le sentiment du présent : “le malaise de ces temps très difficiles.” Souvent quand il parle, Springsteen rit en plein milieu d’une phrase, comme s’il était gêné de se prendre aussi au sérieux. Mais pas quand il parle de la direction que le pays a prise sous G W Bush et de la guerre en Iraq. Là, le rire s’arrête net.

Le disque commence avec Radio Nowhere, une chanson parlant d’un mec sur sur la route cherchant à établir un contact.
C’est un scénario de la fin du monde - il voit l’apocalypse. Tous les moyens de communication sont morts :  "Trying to find my way home/All I heard was a drone bouncing off a satellite/Crushing the last lone American night.”  C’est mon boulot, c’est aussi simple que ça, essayer de rentrer en contact avec vous. C’est simplement essayer de rendre les gens heureux, qu’ils se sentent moins seuls mais aussi être un fil conducteur d’un dialogue sur les évènements quotidiens, les problèmes qui affectent la vie des gens, personnels et sociaux et politiques et religieux. C’est comme ça que j’ai toujours vu le boulot du groupe. C’était mon service. A ce stade, je suis au milieu d’une très longue conversation avec mon public.

Et qu’est-ce que vous entendez du coté de leurs conversations ? Beaucoup de choses différentes. “ J’aime mieux le vieux Bruce ...” (rires). C’est un dialogue perpétuel sur la signification de la vie. Ce n’est pas un vrai dialogue entre 2 personnes. C’est plus ce que vous ressentez par rapport à ce qu’ils vous renvoient. Vous créez un espace ensemble. Vous êtes ensemble impliqués dans un acte de l’imagination, imaginant la vie que vous voulez vivre, le genre de pays où vous voulez vivre,le genre d’endroit que vous voulez laisser à vos enfants. Quelle sont les choses qui vous apportent extase et bonheur, quelles sont les choses qui vous assombrissent et que pouvons nous faire pour lutter contre ces choses ? C’est le dialogue que j’ai dans mon imagination quand j’écris. Je l’ai devant moi quand je suis sur scène.

C’est une chose organique et vivante. Il y a quelque chose  qui est dit légèrement différemment  chaque soir. Mais  on essaie de définir et d’avoir un impact sur le monde et sur la vie que nous vivons. Je ne peux pas le faire tout seul. J’ai besoin de mon public. Ça aura été le voyage d’une vie entière quand j’aurai fini.

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Merci a une ami du Forum Land of hope and dreams Chris 64

Publié dans Presse and Interview

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