Paris Parc des Princes 27/06/2008

Publié le par mikael bourbon


1. Adam Raised A Cain
2. Radio Nowhere
3. No Surrender
4. The Promised Land
5. Spirit In The Night
6. Rendezvous
7. Candy's Room
8. Atlantic City
9. Janey Don't You Lose Heart
10. Darlington County
11. Because The Night
12. She's The One
13. Livin' In The Future
14. Mary's Place
15. For You - solo piano
16. Fire
17. The River
18. The Rising
19. Last To Die
20. Long Walk Home
21. Badlands
22. Out In The Street
***
23. Girls In Their Summer Clothes
24. Tenth Avenue Freeze-Out
25. Born To Run (avec Eliott Murphy et son fils)
26. Bobby Jean
27. Dancing
28. American Land


Merci Voila le mot qui ressort le plus souvent venant de ma part depuis 2 jours  .
Quelle Perfomance une nouvelle fois , Apres 6 Mois de Dissette
Je Retrouver mes amis du New jersey et encore une fois il ne m'ont pas decu .

Dans cette arene si special pour moi ( Allez Paris ) et en terrain connu .
Je sentais que la soiree allait etre d'est plus prolifique .

Mais entrons dans le vif du sujet .

Credit Photo / The fever
Adam Raised a Cain
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Quelle entree Pardis .
Le son qui t'arrache la tete , la sensation que tu s'est que ta devant toi
l'un des plus grands showman de l'histoire .
Et cette chanson une de mes preferes dans la discographie du Patron
Springsteen qui demande a Paris " Si s'ava "
Et qui te sort le solo a couper le souffle apres 50 secondes de Concert .
L'entree en un mot Fantastique .

Radio Nowhere

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Comme lors du Resume de Bercy , Je maintiens ce que j'ai dis
Cette chanson a un enorme Potentiel en Live .
Le Bigman qui Cartonne , Springsteen qui chante mieux que jamais et l'energie
du public
Un superbe Cocktail Tout ca Vous trouvez Pas .

Credit Photo /The Fever

No Surrender

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Bruce aime nous refiler cette chanson
Quand il arrive a Paname
Mais mon jugement reste le meme Bruce
Si tu m'ecoute cette chanson est 100 fois meilleur en
Acoustique c'est indeniable .

The Promised Land

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Connu mais tellement indispensable
Harmonica , partie solo de chaque E streeters , Refrain qui te leve le stade .
Cette chanson est un Hymme Inparable .




Spirit in the Night
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78 est ma periode est prefere du Boss
Les Boots du Darkness Tour ont saigne ma chaine Hifi .
Et de temps en temps je me disais " Putain si un jour celle la il pouvait la sortir "
Et en faisant les set des autres concerts tres Regulierement je la voyais y figurais tres souvent
Et Quand Springsteen s'exclama " Come on Max " avec le sax du Bigman juste derriere j'avais compris .
Quelle moment quand j'y pense Springsteen qui chante comme si il etais chez lui
Bougant de cote en cote de la Scene regardant une petite fille droit dans les yeux presente dans le pit
( Superbe Moment ) qui elle avait les yeux emerveille
Spirit in the Night restera un grand moment et pour longtemps .

Rendez Vous
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Springsteen qui demande " Y a t-il des chansons que vous aimeriez entendre "
Bruce qui alla a la peche a la Pancarte
Des demandes qui aurait merite reflexion comme The price you pay ou Linda let be me One
Mais finalement il choisi Rendez Vous .
Tres bon choix
Roulement de batterie , explosion du E street Band derriere et tous le public
qui veut allez au rendez vous fixe par le Boss

Candy's Room
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Un autre de mes sons cultes
Quelle morceau tout de meme
A l'heure ou t'entends un paquet de Daube a l'heure actuelle .
Ce morceau te reconcilie avec la musique .

Atlantic City
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Je la voulais je l'ai eu
Cette chanson est un kiffe absolu
Tout y est est .
Rien d'autres a Ajouter .

Credit Photo / Stan Bed


Janey Don't You Lose Heart
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Quand j'ai entendu les premiers accords
Quellle Bonheur , Depuis un moment Tracks prenait de la place dans mes ecoutes .
Et ce morceau retenait plus particulierement mon attention .
L'interpretation live ne m'a pas decu , mais quelle dommage que les gens ne connaissent que les ( Tubes du Paton ) car ce morceau aurait merite un acceuil un peu plus chaleureux .

Darlington County
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Comme j'ai pu lire quelque part
Cette chanson est loin de faire partie de mes favoris en studio
Mais en live attention les oreilles
L'intro guitare qui tue , le refrain qui te plonge sur une autoroute Americaine
Ce morceau en live est enorme Je vous l'assure

Because The Night

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Aie Aie Aie Aie Aie
Merci Nils Ton solo est en tout point fabuleux .
Mais putain Bruce pourquoi ta file cette Zik a Patti .
Il y a tout la dedans
L'amour , le Rock , L'energie
Bon heuresement que tu nous la sorty de temps en temps

She's the One
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Toujours aussi bon
Avec en plus cette fin ponctuee a l'harmonica
qui te souleve de ta place sans que tu t'en rends compte
Magic in the Night
Oh Bruce is the Oneeeeeeeeeee

Livin in the Future
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Tiens une chanson de l'album Magic
Curieux tout de meme
A la Base Bruce doit defendre cette album sur scene
Mais les mots magic tour aurait t-il une autre signification

Mary's Place
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Vraiment du mal avec cette chanson
Certes sympa a ecouter mais point barre
Bon faut dire que la ou elle est place dans le set elle est pas en meilleure position
Mais quand meme c'est mon petit bemol de la soiree

For You
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Fallait bien que les Vieux du E street band se reposent .
Le boss en profita pour depoussiere cette superbe chanson accompagne
seulement d'un pauvre piano devant 50000 personnes .
Tranquille le Mec .

Fire
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Yessssssssssssssssssss
Putain , Fabuleux
Putain je l'ai eu
Tout y est la petite intro , le jeu de scene du Bigman et Bruce
Dommage que Raphael Ricci n'etait pas la
Elle aurait  pu montrer ca a ses futures Guignols academeciens de la Star AC


Credit Photo / Sipa
The River
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Accompagne par mon frere et mon meilleur Pote qui decouvre Le Boss
en Live , Il adore ce morceau comme Beaucoup d'entre nous .
Alors on l'a espere et merci Bruce on l'a eu .
Quelle melodie , quelle style , tout y est
Tank's Boss for the River
Au fait un Reve se realise de temps en temps est n'est pas forcement un mensonge .

The Rising

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Trop bien place , trop entrainante , trop bon
Allez j'arrete les superlatifs vous avez compris ce morceau est une tuerie en live .
les La La La La La  qui dechainent le pubic sont fantastiques
Bon j'ai dis que j'arretez .

Last to Die

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Du lourd cette chanson
Le Refrain qui te souleve , un bon Rock comme on l'aime .

Long Walk Home
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Mr van Zandt tu m'a fais kiffer
Ta voix dechire mon Garcon .
Quelle dommage que les gens ne connaisent pas les chanson par coeur .

Badlands
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La on rentre dans le Culte
L'hymme du Boss avec Born To Run pourtant tellement connu et reconnu
Le Stade qui se souleve , Un grand moment

Out in the Street
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Sympa mais comme ja'ai pu lire
Pas essentiel , un Rosalita ou un Detroit medley voir un Seven night To Rock
M'aurait largement plus Botte .
Mais bon rien que les Oh . Oh . Oh  je la prends quand meme

Girls in the Summer Clothes

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Decu a Bercy , Reconcilie avec elle au Parc .
Tres Bon avant les choses serieuses pour requinquee les E streeters 
Un bon moment allez un tres bon moment cette chanson

Tenth Avenue freeze Out
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Celle la je peux vous dire que quand l'intro est tombe
La crise Cardique a 25 ans n'etait pas loin .
Putain quelle Kiffe
Alone non Bruce t'es plus seul .
Le Parc des princes etait deja acquis a ta cause mon Garcon .

Credit Photo / The Fever

Born To Run

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Magique comme d'hab .
Mais faut que Bruce arrete de se sentir oblige de De nous sortir Eliott
Quand Bruce aura 90 ans on aura le droit a l'arriere petit fils de Murphy

Bobby Jean
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Pas indispensable , mais vraiment toujours aussi sympa
rien que pour ce quelle veut dire elle vaut le Detour




Dancing in The Dark

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Essentiel quel peche cette chanson
Manquait que Courtnay Cox est c'etait bon
Le Bigman impeccable a son Sax , Bruce energie comme jamais
Vraiment j'adore ce morceau

American Land
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Moi et les Seeger Sessions ca fait 2 .
Mais avec le E street Band c'est pas du tout la meme
La folie ce morceau , la presentation du legendaire E street band , un moment tu te croirais dans un Pub Irlandais
La fin avec tous les E streeters dant la fosse , hormis ce genial bigman qui malheuresement a bien du mal au niveau physique , mais si faut se cotiser pour lui payer une chaise 18 carats pour qu'il reste avec nous pendant encore tres longtemps je mets le premier la main a la poche
Allez un dernier superlatif super .

Voila mon sentiment d'apres show .
Un grand Bruce comme d'hab , une soiree magique comme a l'habitude
Une speciale dedicace a mon pote Jay Jay et mon petit frere Romain
les Gars vous inquitez pas on remettra ca

Je vous laisse avec le Formidable recit de Jean Luc
Les photos de Chalut , Patrice , Mdubois et The fever ( merci a Vous )
Les reportages du Monde et du Parisen
En esperant avoir ete complet a bientot a mes potes du New Jersey .

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Le Recit de Jean Luc
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Credit Photo / Mdubois

Une fois n’est pas coutume, je me sens obligé au réveil de participer à la fête en y allant de mon petit commentaire. Pardon, d’avance, à ceux qui ne me connaissent pas : ça va faire un tantinet déballage privé, mais tant pis. J’en ai besoin.

Soyons clair, pourtant, avec la première idée qui me vient : quel pied, mes enfants, quel pied gigantesque !
Le E Street Band nous a offert un show exceptionnel, festif, un de ces moments hors du temps où tout s’arrête, où l’on est suspendu aux lèvres de Bruce, où l’on se surprend à chercher le Big Man des yeux, où l’on s’attendrit devant les regards, les sourires échangés surs scène… comme dans la foule.
Ce concert restera gravé dans ma mémoire à plus d’un titre.

Pourtant, au vrai, c’était pas gagné.
Confidence pour confidence, ma vie, depuis quelques semaines, était compliquée. Jalonnée d’emmerdes diverses et variées. Manque de temps, de sommeil, de sérénité. Junior se pète la malléole au judo. Didier, mon ami, mon frère, fait une attaque et on va le retrouver à l’hôpital. Ma famille est soumise à un tir de barrage, façon coups du sort à répétition. Ma douce, ma She’s The One à moi que j’ai, ne peut finalement pas venir au concert…
Au point que, le matin dudit show, je n’en avais plus rien à foutre d’y aller ou pas. Première fois de ma vie que ça m’arrivait. Une espèce de détachement, de distance par rapport à l’événement.
Je suis venu vous lire, j’ai pioché dans l’enthousiasme ambiant, j’ai essayé de me motiver…
Rien. Nada.

Je suis venu quand même, parce que Junior était là, béquille en avant, sourire comme lui seul sait m’en donner. Deux heures avant, j’avais mis femme et bébé dans le train gare de Lyon. Puis direction Saint Lazare, où le grand arrive. On attend Didier, sorti de l’hosto depuis peu, et qui hérite de la place laissée libre par ma blonde. Nous voilà dans la bagnole, direction le Parc.
Des embouteillages à n’en plus finir, une excitation – un énervement, plutôt – qui monte, qui prend la gorge, qui écrase la poitrine. « Et si on laissait tomber ? »
L’idée me traverse, que je n’ose lâcher, pour pas gâcher : Didier est zen, Rico est fou de joie.
Depuis le temps que son paternel les lui brise à grands coups de « Tu n’as jamais vu Bruce avec le E Street Band, tu ne PEUX PAS COMPRENDRE », il veut comprendre.
Il veut savoir.
Vérifier.
Il ne sera pas déçu.

Nous arrivons près du Parc à 20h20. Rico ne peut pas marcher longtemps, on a donc évité le métro. Fatale erreur.
De guerre lasse, Didier nous lâche près du stade, on clopine vers l’entrée, pendant qu’il va (essayer de) garer la caisse.
À l’intérieur, tribune présidentielle, on retrouve Béa. Sa gentillesse, ses attentions. Un amour de femme.
Et des tas de gens, aux visages fraternels, ce qui n’est décidément pas courant à la capitale. Des étrangers, des frenchies. Tout ce monde qui échange des sourires, des regards complices, entendus. Ce sentiment de partager, de se connaître, parce que la musique – CETTE musique, en particulier – est fédératrice et gomme les différences.
Nous nous asseyons. Je regarde la montre, je surveille l’entrée.
Didier n’arrive pas.
L’orgue de barbarie démarre.
LA foule gronde.
C'est parti.
Merdum.
Didier n’est pas là.
Les boys envahissent la scène.

Et là, tout bascule.
Je ne sais plus quoi penser.
Je ne sais même plus où je suis.

Credit Photo / Mdubois
Adam Raised A Cain.
Comme un direct au foie. Je chancelle. J’ai envie de pleurer comme un môme. J’en ai tellement marre, et voilà que la magie reprend, me douche, me soulage, chasse au loin les emmerdes, la pression.
Oui, vraiment : Docteur Bruce est là.
Cet homme est touché par la grâce. Ils sont une poignée, comme lui, à posséder ce merveilleux pouvoir.
Il sourit ? 45000 personnes ont la banane.
Il salue, et il dégage un flot d’amour, une vague d’empathie qui génère un déferlement en retour. Autour de moi, les gens sont instantanément conquis. Ils sourient, eux aussi, ils se lèvent, ils hochent la tête, frappent des mains.
On y est.
Je suis secoué, mais pas encore dedans. Où est Didier, Bon Dieu ? Je pianote un sms (honte à moi, en plein concert) pas de réponse.
Is there anybody alive, out there ?
Justement, c’est la question. Did était au plus mal la semaine dernière, et comme le dernier des cons, je l’ai laissé seul dans la bagnole…
Radio Nowhere
No Surrender

Je suis groggy. Mon voisin allume une cigarette, j’en fais autant. Devant nous, un couple de petits vieux (ils ont pas loin de 70 piges et sont mignons, l’un contre l’autre, main dans la main, à écouter religieusement). À côté de moi, Junior a les yeux rivés sur la scène. Il tape du pied valide, il a l’air aux anges. C’est ma Reason to believe à moi.
The Promised Land
Spirit In The Night

Et la foule qui répond, le pit qui ondule, les vagues de joie, les danses, les cris, les filles juchées sur les épaules de leurs compagnons. À nouveau, la gorge étreinte. Les larmes qui montent. J’avais oublié à quel point les concerts de Boss sont BEAUX – pour ça, aussi.
Rendezvous
Candy's Room

Mamma Mia… Candy. Le premier solo que j’ai (à peu près !  ) réussi à placer sur une guitare.
J’avais quoi ? 20 piges ? C’était il y a… Oh et puis merde, on ne va plus compter, maintenant.
Plus de 20 piges, en tout cas.
Atlantic City
Et toujours plus de danse, toujours plus de bonheur, là, devant moi, à côté, de toutes parts. Mon voisin m’adresse un clin d’œil complice.
Je suis là, et pas là. Toujours pas là.
Merde, qu’est-ce qui se passe ?
Didier n’est toujours pas arrivé.
Janey Don't You Lose Heart
Je quitte ma place, je file à l’extérieur, j’appelle. Réponds, merde !
Il répond." J’arrive". Ouf. Les premiers accords de
Darlington County
sonnent. Je rejoins ma place. Mes voisins sont cools. Pas un ne râle et pourtant je dois les gonfler à me tortiller et à les déplacer. Pas grave. Ils sont là, ils profitent. Je les envie.
Et puis tout bascule.
Because The Night
La voix de Bruce, cette voix qui jaillit, qui enfle, qui emporte tout sur son passage. Ce message d’amour pur, ce poème brut.
Et le solo de Nils, le lutin pris de folie, qui bondit, virevolte, enchaîne...
Virtuose. Génial, tout simplement. Ce solo phénoménal, qui semble ne jamais vouloir en finir, qui grimpe vers le ciel, qui défie les étoiles.
Ok, sir : I give up, I DO surrender.
Sonné, je m’affale sur mon siège. Junior a oublié ses douleurs à la jambe. Il est debout, bouche bée. Il ne touche plus le sol. Il est là-bas, à côté d’eux. Il vit pleinement l’instant. Et j’ai encore une fois envie de pleurer : mon fils, mon grand, qui m’a rejoint, qui vit ça, et je n’en profite pas ?
Quel con je suis.

Credit Photo / Patrice Guino
She's The One
Les deux petits vieux se sont repris la main. Ils se serrent très fort. Ils sont attendrissants, incroyables. Ils ont 20 ans à nouveau, ils sont beaux. À deux pas, d’autres couples, d’autres générations, font de même.
Quelle musique peut faire ça ?
Je les prends en photo, à l’arrache, sur le portable. Un souvenir de plus.
Livin' In The Future
Mary's Place

Poppy, certes, mais festif, tellement festif. Et ce public qui communie, qui danse. Derrière moi, de l’autre côté des vitres protégeant people and co, on s’agite. On danse. On est debout (un signe ?)
Arrive le second moment de rêve.
For You
Bruce en solo, devant le texte qu’on lui a glissé sous les yeux. Bruce qui joue, qui vibre. Un voile de chair de poule sur mes bras.
Et l’estocade, par surprise : Junior se penche vers moi. Il m’embrasse. « Merci ! » glisse-t-il avec un sourire gigantesque. (Il n’a vu Bruce qu’une fois jusqu’à présent, à Bercy, en solo – Mamadou et son meilleur pote, celui qui s'est marié le jour de la fête de la musique (tu m'étonnes !) nous avaient installés au premier rang. Il en gardait un souvenir marqué au fer rouge, quelque part dans son cœur, et voilà que les souvenirs reviennent.)
Des constellations se sont allumées dans ses prunelles.
Je n’ai pas le temps de m’en remettre.
Mon voisin hoche la tête. Il a vu. Il apprécie.
On échange quelques mots. Sympa.
Fire
La blague du début, quand Max se vautre sur une autre intro. Bruce qui rigole, « I just need fire ! », puis se reprend et balance un Fire d’anthologie, rejoint par Clarence et sa voix unique. Les deux frangins, sur scène, se sont retrouvés. Ils sont arrivés bras dessus, bras dessous, ils se tiennent côte à côte, Blood Brothers, indestructibles, soudés comme toujours, soudés comme jamais.
Ils sont sublimes, à cet instant.
Cerise sur le gâteau, ils nous gratifient d'un de leurs sketches : postures bravaches, silences, mimiques.
Le public réagit, il nourrit le show.
Fire… Merde, alors. Quel pied !
Merci, Bruce – et merci à celle/celui qui lui a demandé le morceau !
The River
Didier arrive enfin. Épuisé. Il s’installe à côté de moi. Je me rassérène. Je me sens coupable de l’avoir planté, coupable aussi de m’être laissé emporté par le show alors qu’il n’était pas là.
Je l’interroge du regard. Ça va.
Il est happé par la musique, par les réponses de la foule, par le falsetto final. Il arrive en plein cœur de la bataille, mais s’y plonge aussitôt.
Ensuite, tout déroule.
The Rising
Last To Die
Long Walk Home

La nuit est venue, la fatigue aussi.
Mais les gars sont sur scène, no surrender, les enfants : ils délivrent toute la puissance de cette formidable machine de guerre qu’est le E STREET BAND.
Badlands
Out In The Street

Retour aux fondamentaux, dirait un ancien entraîneur de rugby qui a mal tourné. Rock’n roll. Hymne. Appelez ça comme vous voudrez.
Bonheur pur. Joie intense.
Rico, éberlué, qui voit repartir Badlands sous le riff meurtrier de Bruce décidément inoxydable.
Impérial Bruce.
Gigantesque Bruce.

Credit Photo / Patrice Guino

Et tous les autres, ses amis, ses frères, tendus, concentrés, ivres de cette joie, de cette amitié qui les lie depuis si longtemps, puisant dans leurs dernières forces, pour balancer, balancer encore, toujours plus.
Merci, les gars, merci mille fois.

Pause cigarette. Rappel. On va pas se quitter comme ça, pas vrai ?
Je rassure Didier : t’en fais pas, il en reste encore un bon bout.
Et quel bout, mes aïeux !
« Pour toutes les jolies filles de France ».
Bon. Ok : les cameramen, en bons pros, les ont repérées à l’avance. Ils cadrent essentiellement des bombes anatomiques.
Mais j’ai le sentiment que, ce soir, toutes les filles sont belles.
Il n’y a rien de plus beau qu’une fille heureuse (et je ne vous parle pas de celle qui a fait hurler de rire le stade, en se faisant gauler par la patrouille, en plein dilemme : « Bruce est couché devant moi, les jambes écartées, j’ai les doigts qui frémissent… J’y vais ? J’y vais pas ? »
Une pensée émue pour son mec, qui se sent bien peu de choses à ce moment précis, et qui ne doit toujours pas s’en être remis, le malheureux.


Girls In Their Summer Clothes

Pas forcément le meilleur, mais qu’est-ce qu’on en a à foutre, mmh ? C’est la fête, non ?
Et puis si peu de titres du dernier opus, ce soir, qu’on ne va pas faire la fine bouche.
Le morceau touche à sa fin, Bruce rentre du pit, il cavale vers la scène, mains ouvertes et tend les doigts. « Ten ! Ten !!! »
Putain, j’y crois pas… Ils vont la faire, celle-là aussi !
Tenth Avenue Freeze-Out
Je ne redescendrai plus de mon petit nuage.
Tout le monde est là. J’ai un flash intense et mes pensées filent vers Danny, qui doit prendre un pied phénoménal, de là-haut.

Arrive le (running) gag de la soirée.
Avec une surprise (vous vous souvenez, on pariait sur une surprise ?) : on n’a pas droit à un Murphy, cette fois, mais deux. ne serait-ce pas trop de bonheur à la fois ?
Born To Run
Avec Gaspard, donc – celui qui viendra, dorénavant ?
On se demande un instant ce qu'il peut bien faire là, mais le gamin a l’air tellement heureux, il s’applique, il joue. Son père lui a fait un cadeau de folie (du genre de celui que Bruce lui fait, à lui).
Gaspard éclipse tellement le papa, que ce dernier se croira obligé de revenir au final, et j’ai bien cru qu’il allait venir saluer avec le groupe, emporté par sa fougue.
Bobby Jean
Une pensée pour Vince. Et pour tous les potes qui sont là, quelque part dans la foule, et qui doivent être heureux, eux aussi.
Dancing In The Dark
C’est la fête, on vous dit.
American Land
Le manifeste, le salut, l’ultime feu d’artifice.
La foule est épuisée, comblée.
Elle n’a plus la force de relancer un nouveau rappel.
Dommage.
Il est des soirées qu’on aimerait ne jamais voir finir.
C'était peut-etre bien la dernière à Paris.

Alors ?
Tout n’était pas rose, faut pas non plus déconner (ceux qui pensaient me voir virer fan bêlant repasseront).
Le son n’était pas top. Sûrement trop fort, hélas.
En même temps l’architecte qui a pondu cette chose infâme n’avait sans doute pas « concert et qualité acoustique » inscrit au cahier des charges…
Manquait Rosalita – je fais mon caprice si je veux.
Et sûrement des tas d'autres choses, mais je vous les laisse sans remords.




Je ne conserverai que des souvenirs joyeux.
Parce que oui, c'était peut-être bien la dernière.
En vrac :
JC qui apparaît sur l’écran, JC qui fait l’avion, avec un sourire béat, que je lui rends bien volontiers tellement son bonheur fait plaisir à voir.
Quelques instants de pure magie, aussi.
Bruce offre son mediator à un môme, qui va sans doute le conserver un bout de temps…
Bruce va retrouver une petite fille blonde qui n’en croit pas ses yeux, parce que le monsieur, là, sur scène, chante pour elle…

Les retrouvailles d’après concert.
Les sms de ceux qui n’ont pas pu rester, mais qui sont repus, contents, et qui mesurent leur chance d’avoir été là.
Les vannes, les rires, la grimace de Dominique quand je lui fais remarquer que le Stade Français ne jouera pas ce soir, et que c’est quand même dommage (reviens, Dom’ ! je blague !).
Hervé, fier à juste titre que son organisation – Super restau, compadre ! Quand tu veux, on remet ça ! – tourne à plein régime.
Le sourire du jeune marié, les quelques mots échangés.
Patrice, Hervé, Djac, Patrick, Phil…
Merci d’être toujours là les gars.
Un pensée pour Théo. Porte-toi bien, amigo. Tu manques à la bande, mais ton siège est gardé au chaud.

Et tant d’autres choses, qui font que ce groupe me parle, qu’il me transporte.
Qu’il rend la vie – ma vie – plus belle.
Merci, Bruce.
Keep’on rockin, guys.



Voilà.
Pardon d’avoir été aussi long.
Fallait que ça sorte.
Parfois, on oublie que la musique véhicule toutes ces choses, qu’il est bon de partager. Et je suis heureux de l’avoir fait avec vous.
Sans blague.

Seance dedicace pour Bruce devant le George V



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Le reportage du Monde

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Il arpente l'avant-scène, serre quelques mains, en laisse d'autres lui étreindre les chevilles. Bruce Springsteen joue dans un stade, vendredi 27 juin, au Parc des Princes, à Paris, et il choisit d'abolir toute distance avec son public. Les barrières qui l'éloignaient autrefois des premiers rangs ont disparu.

Le chanteur du New Jersey peut ainsi relever des pancartes portant le titre de la chanson que le spectateur souhaiterait entendre. Et, parfois, Springsteen s'exécute. Du jamais vu. David Bowie ou Elvis Costello ont laissé le hasard s'immiscer dans leur programme en installant sur scène des roues de la chance avec leurs chansons numérotées. Là, c'est spontané, et les fans, apparemment, se sont donné le mot : pour sa tournée d'été, Springsteen joue à la demande, à la carte ou plutôt à la pancarte.

Credit Photo / Chalut
A l'arrivée, cela donne près de trois heures de concert, avec pas moins de 28 titres. Le son, pénible, est compensé par une débauche d'énergie, ahurissante pour un homme de 58 ans, et une utilisation épatante de la vidéo (deux écrans verticaux), sous l'angle du reportage, qui renforce la sensation de proximité.

Cet hiver, Springsteen et son fidèle E. Street Band, coiffés des bonnets rouges de Santa Claus, avaient réchauffé Paris-Bercy en une soirée de feu qui renouait avec la geste des tournées de la fin des années 1970. A l'époque, il défendait encore un dernier album décevant, Magic. Six mois plus tard, il n'en subsiste qu'une poignée d'extraits, dont une gâterie pop de circonstance, Girls in Their Summer Clothes, qui distille le parfum nostalgique des Beach Boys. Il préfère extraire des instantanés de sa carrière, qu'on pourra réviser en lisant le livre Bruce Frederick Springsteen, d'Hugues Barrière et Mikaël Ollivier (éd. Le Castor astral, 432 p., 24 euros), paru la veille du concert.


Curieusement, le musicien ouvre son tour de chant avec une de ses chansons les plus sombres, Adam Raised a Cain, soit l'incompréhension et le conflit entre père et fils, James Dean dans A l'est d'Eden. Mais rapidement, saison oblige, les filles, le désir, la passion prennent le dessus. La nuit nous appartient avec Rendez-Vous, Candy's Room, Janey Don't Lose Heart ou Fire. Autrement dit un bouquet de raretés, de quoi faire perdre la raison aux fans.

Credit Photo / Patric Guino


Pour combler leurs desiderata, il faut évidemment un orchestre capable de réagir au quart de tour sur un répertoire de centaines de chansons. Le E. Street Band et ses huit membres, plus de trois décennies d'activité, est celui-là. On peine à en citer un autre dans le rock actuel, certainement pas les Rolling Stones. Parfois, cela donne un malentendu étonnant : le batteur, Max Weinberg, embraie après avoir mal lu la pancarte que lui tend son employeur. Celui-ci l'arrête : "Non, pas I'm on Fire : Fire."

La confrérie du E. Street Band a été récemment endeuillée. L'organiste Danny Federici, un des premiers compagnons de Springsteen, a été emporté par un mélanome. Au stand des produits dérivés, sur un tee-shirt, on voit le disparu dans ses jeunes années en compagnie d'un garçon chevelu et peu épargné par l'acné. Un inconnu devenu le plus grand showman rock de son temps.

Bruno Lesprit

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Le Parisien
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Plein de Photos
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Des Photos Prises par Btr60 , Point Blank , Sergio et Wil
Un Enorme Merci a Eux

 



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Adam Raised a Cain et Rendez Vous
Live In Paris
27/06/2008






Merci a Willem 2 L'auteur de ses Videos




Publié dans Magic tour

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