Bruce Springsteen Devils and Dust 2005

Publié le par mikael bourbon


I got my finger on the trigger /But I don’t know who to trust / When I look into your eyes / There’s just devils and dust / We’re a long, long way from home, Bobbie / Home’s a long, long way from us / I feel a dirty wind blowing » (« J’ai mon doigt sur la gâchette / Mais je ne sais pas qui croire / Quand je regarde dans tes yeux / Il n’y a que démons et poussière / Nous sommes loin, loin de notre foyer, Bobbie / Et notre foyer est loin, loin de nous / Je sens un vent mauvais en train de souffler »)...

Ainsi commence Devils and dust, l’album, de même que la chanson qui lui donne son titre. De cette dernière, on se dit très vite qu’elle a pour destin de devenir un classique. Elle pourrait être celle par laquelle de nombreux États-uniens trouveront les mots qui expriment leur désarroi par rapport à la guerre menée par leur pays en Irak. « Fear’s a powerful thing, baby / It can turn your heart black you can trust / It’ll take your God filled soul / And fill it with devils and dust » (« La peur est une chose très puissante, baby / Capable de noircir ton cœur, tu peux le croire / Elle laissera ton âme née de la bonté de Dieu / Livrée aux démons et à la poussière »)…

Devils & dust n’est cependant pas un disque militant. C’est une fois de plus un recueil de quasi nouvelles que Springsteen a écrit dans cette langue rock’n’rollienne dont usent les meilleurs auteurs du monde de la chanson US. Prenons un vers au hasard : « Your sweet brown legs got me feeling so blue ». C’est évocateur et cela se prête naturellement à ce chant rythmé inventé au sud des États-Unis dont on ne se lasse pas. Dans cet album où l’on circule beaucoup, des grandes plaines du Far West aux bas-fonds des métropoles yankees, on a droit à une histoire de passe à Reno – qui a valu des problèmes à Springsteen dans son pays ; la chanson, pas l’histoire, tsss… –, tout aussi bien qu’à une ode à l’amour rédempteur qu’un homme porte à la mère de ses enfants. Il y a aussi ce gamin fasciné par les cow-boys noirs, ce boxeur qui raconte sa vie errante… Springsteen a beau être une star, il continue d’observer ce qui se passe autour de lui avec acuité.

Cela fait plaisir d’entendre que, décidément, il ne se résout pas à chanter des banalités. Musicalement, il propose ici un mélange très équilibré, entre rock épique et balade acoustique, offrant des mélodies délicatement costaudes – jouées principalement par un trio formé de Bruce lui-même à la guitare et aux claviers, de son producteur Brendan O’Brien à la basse et de Steve Jordan à la batterie. Voici en somme un album éminemment springsteenien, tel qu’on est en droit d’en exiger. Ce bon cru est servi avec un dvd de qualité. Il contient cinq des douze titres de Devils & dust interprétés par le boss tout seul à la guitare dans un décor de maison abandonnée. Entre chaque chanson, Springsteen livre un petit commentaire

Devils & Dust
2005
1 - Devils & Dust
2 - All the way home
3 - Reno
4 - Long time comin'
5 - Black cowboys
6 - Maria's bed
7 - Silver Palomino
8 - Jesus was an only son
9 - Leah
10 - The hitter
11 - All I'm thinkin' about
12 - Matamoros banks

DVD BONUS

Interprétations acoustiques :

Devils & Dust
Long time comin'
Reno
All I'm thinkin' about
Matamoros banks

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