La courneuve 29/06/1985 souvenirs des fans et image d'archives

Publié le par mikael bourbon



Luckydom

Si je me souviens bien, j’étais de la partie durant ce week end de juin. C’était la première fois que je voyais Springsteen, d’ailleurs je n’avais pas vu énormément d’autres concerts non plus, à ce moment là, ce qui n’a fait qu’amplifier la claque prise lors de ce samedi soir.
Cela commençait fort par  un tiercé gagnant  Born In The USA/Badlands/Out in The Streets mais mon premier grand frisson perso a été pour Atlantic City : intro monumentale de Max Weinberg puis Bruce et tout le groupe qui s’engouffre (à l’époque jamais entendu parler de Nebraska électrique, j’imaginais même pas qu’il allait faire des titres de cet album accompagné par le groupe) bref, un choc dont je ne me suis  jamais tout à fait remis !
Après un autre truc dont je me souviens assez bien c’est que j’étais évidemment content d’entendre enfin en live des titres que j’adorais : The River, Thunder Road, Downbound Train, I’m on Fire et surpris d’être tout aussi enchanté par des titres bien bourrins qui me gonflaient un peu sur disque genre Glory Days,  Ramrod mais qui dans l’ambiance devenaient des trucs énormes (presque) aussi emballant que The Promised Land ou Born To Run.
Comme si, en concert,  tout  devenait irrésistible par Bruce et son E Street Band. Qui d’ailleurs aurait pu résister à Trapped, Because The Night et surtout Rosalita,  le truc qui m’a définitivement fait perdre la boule ce soir là.
Et puis la fiesta des rappels, cette impression que ça n’allait jamais s’arrêter et pourtant c’était déjà fini : on parle souvent de la longueur des concerts du Boss mais on dit moins souvent que ses concerts passent très, très vite, trop vite.  Comme un single imparable ou certains films dont le rythme est parfait : chaque scène s’enchaînant  idéalement avec la précédente et quand les lumières se rallume, qu’une envie : y retourner.
Je me souviens encore vaguement de plein de gens évacués et qu’après le concert je n’avais jamais eu aussi soif de ma vie  et qu’en buvant j’ai failli m’étrangler (une rencontre gorge trop sèche / boisson trop fraîche qui faillit m’être fatale) et qu’après il fallut marcher pendant des plombes (une grève quelconque)  et qu’on en avait plein les bottes...  on a même fini par chercher des raisons de ne pas y retourner le lendemain. Mais évidemment on n’en a pas trouvé.
Alors le dimanche on s’est pointé à la Courneuve pour trouver des billets et refaire un tour de rollercoaster : au delà des bidouillages de setlist (Prouve it All Night, Point Blank, No Surrender, pas joués la veille) c’était la présence, l’energie qui faisait la différence, qui donnait l’impression de voir un concert, lui aussi, unique et non pas un show (même si, bien sur, cela en était un).


Bon maintenant, avec du recul et en voyant le dvd, je vois des défauts aussi, les choses que j’aime moins : l’endroit (pas top quand même), certaines poses (un peu trop musclées on va dire), ce look d’accro à la salle de gym  qui peut rebuter, le son très 80’s de la batterie de Max  (mixée très en avant, ce n'était plus une batterie mais un marteau piqueur) un E Street Band encore excellent mais que guettait la caricature à force de vouloir trop grossir le trait  pour être sûr d’être intelligible dans ces endroits démesurés dans lesquels ils jouaient pour la première fois en 1985.

Mais tout ça je ne le comprendrais que plus tard, pour le moment alors que Bruce chante « Shut out The Light » son talent éblouissant m’empêche de voir tout ce cirque comme s’il chantait rien que pour moi. Une impression qu’ont du connaître de nombreux fans, la première fois qu’ils sont allés voir Bruce sur scène, que cela soit  à Akron en 75, à Bruxelles en 2005 ou, à bout de souffle en effet, à Paris en 85.


Cisco

Grand souvenir aussi pour moi... Mon premier concert du Boss in situ et une véritable expédition pour le provincial que je suis et qui ne connaissait pas du tout Paris et ses environs. Mais ma petite R5 me conduisit infailliblement vers le Graal tant attendu. Ah ce concert, que ne l’avais-je rêvé, vécu à force d’user le Winterland 78... Là je touchais au but et chaque mètre franchi accélérai mon rythme cardiaque. Après l’inévitable slalom entre les revendeurs de tix et un laborieux travail de sape pour m’approcher au maximum de la scène, je finis par échouer au beau milieu d’une bande de scandinaves au charmant accent et qui, a ma grande surprise (je le constatais un peu plus tard), connaissaient par cœur  les chansons de Bruce. Le genre de truc qui vous fait penser que finalement vous n’êtes pas le champion du monde de la fanitude springstiniène que vous pensiez...
J’ai aussi ce souvenir des instruments sur la scène avant l’entrée des artistes et de me dire « putain c’est LEURS instruments ». Oui je sais, dit comme ça, ça fait un peu scolaire, n’empêche... La suite n’est pas très vivace dans mon esprit, mais je sais que l’hymne de Bruce en entrée m’arracha des frissons en dépit de la chaleur et qu’immanquablement je tombais dans la pâmoison générale. Rapidement, je ne fus plus qu’un fétu de paille agité par son souffle préféré. Et là encore cette impression que chaque chanson, en dépit des digressions de Bruce, de sa propension à en extirper toujours plus de folie, passait trop vite et que le ESB, grosse turbine lancée à toute vapeur, roulait comme un train implacable, ne nous laissant aucun répit dans sa volonté de condenser le concert avec la violence d’un coup de poing (américain).
Et puis il y avait aussi l’impressionnante stature du Big Man sapé dans une livrée blanche, la connivence avec Nils, les biscottos de Bruce... Mais par dessus tout l’implacable mouture acoustique de Johnny 99 avec un Boss gonflé de colère. Ce genre de moment qui s’incruste dans votre cortex et fait référence pour l’avenir. Grands moments encore avec Rosie et sa démesure bon enfant, ses breaks et la présentation déjantée des estreeters... Promised Land et cette impression que le Paradis est possible puisque Bruce nous le dit... Hungry Heart et son immense chorale... Bruce et ses bribes de français... Atlantic City et sa fureur contenue... Working on the Highway qui ne m’avait jamais semblé aussi excitante...

Je me suis enquillé le DVD de ce concert ce WE et j'ai été impressionné par sa qualité technique. On retrouve naturellement le gros son de l'époque, ça dégage méchamment et on a vraiment l'impression d'être sur scène avec le Boss. Certes, avec le recul tout cela paraît quelque peu survitaminé, peut-être outré aussi parfois. Les esprits chagrins pourront arguer d’un manque de subtilité dans la mise en scène, dans l’interprétation, mais c’est oublier le contexte de l’époque, le fait de se produire dans des arènes immenses, à quoi Bruce et le ESB n’étaient pas encore habitués, c’est encore oublier l’impact de Bitusa (le disque) et sa volonté de marquer les esprits, entreprise ô combien couronnée de succès.
Ce DVD est en tout cas une immense réussite et un magnifique témoignage, celui d’une époque où le Boss était à l’apogée de sa jeunesse, de son insouciance et de sa force aussi.




Rvb

Souvent la mémoire a tendance à transcender les souvenirs, les rendrent plus beaux ou plus laid qu'ils n'étaient en réalité.

Avant le visionnage du DVD, mes souvenirs de ce concert étaient extraordinaires, je me souviens de l'euphorie qui m'habitait à la fin.
Mais d'abord ce qui m'avait marqué c'est l'évacuation des gens tombant dans les pommes. Les jets d'eau arrosant la foule avant le concert.

Je me souviens de quelques moments, les jeux de scènes sur "glory days", le final énorme et Bruce et Clarence qui jouent avec nous avant d'attaquer "rockin' ...", les long monologues de Bruce qui nous parle comme si on étaient assis peinard avec lui sur le coin d'un zinc.
Et plus globalement un ressenti de puissance, d'énergie, de rage, de joie, de fête.

Oui sublime les souvenirs... Alors avant de regarder le show 22 ans après tranquillement assis dans mon canapé, j'appréhendais un peu, la peur d'être décu.

Je l'ai regardé d'une traite... eh bien mes souvenirs étaient en deçà de la réalité. Ce moment est une pure magie.
J'avais oublié la force de Johnny 99, la complicité avec Nils sur "darlington county" le délire sur "rosalita" et la petite fille qu'il fait monté sur le côté de la scène sur"hungry heart" et... et... et... tant de choses.

J'ai vraiment replongé totalement dedans, ému, très ému par moment. Et me dire que j'y étais que j'ai vécu çà.

Pour ne pas le banalisé, je l'ai rangé dans un coin et attendre quelque temps avant de le ressortir. Je laisse à nouveau la place aux souvenirs plus nombreux pour le coup.




Kitty

alors le show sur le dvd, je ne reviens pas sur la qualité époustouflante de l'engin (un grand merci au Spiriter qui se reconnaitra  images/icones/icon10.gif )

quand j'ai vu les premières images, entendu le son, ben je suis redevenue une midinette de 21 ans, des frissons, les larmes aux yeux, si bien que je l'ai visionné plusieurs fois d'affilée, car bizarrement mon écran était tout embué !!!

je ne sais pas trop parler de musique, mais certains enchainements de chansons, sont incroyables... pas de répit, on reprend à peine son souffle et on y va.

le Boss et l'ESB au sommet, la puissance de feu, l'artillerie lourde, je le concède, mais c'est que je (nous) souhaitions à l'époque. Il est clair qu'ils se donnaient tous à fond,et qu'ils s'amusaient sur scène,  bruce en tête, transcendé, capable de nous faire une chanson acoustique après des rythmes endiablés et puis toutes ces chansons rageuses et Because the night.... entre autres, le temps qui file trop vite, les chansons qui défilent, je sais que cela va s'arrêter.

arrive  Rockin all over the World, je sais à ce moment là que c'est la dernière. la fin du concert a été phénoménale.

je sais j'idéalise forcément.

alors les souvenirs et les petites anecdotes.

le beau temps, l'atmosphère bon enfant, les litres d'eau que l'on a bu en attendant. Nous étions 6 dont 3 garçons genre armoire à glace, qui ont joué un peu des coudes pour que l'on se rapproche de la scène, nous étions assez près, et on voyait parfaitement la scène, légérement décentrés.

puis les hurlements, grondements, les bras qui se lèvent, la foule qui chante, qui hurle, le sol qui tremble, je suis sur la pointe des pieds, et je piétine de rage car il y a un mur de spectateurs devant moi et j'arrive juste à entre apercevoir. Alors mes armoires à glace se relaient pour me prendre sur leurs épaules et là je vois tout. j'ai failli tomber à plusieurs reprises.

je suis en sueur de la tête aux pieds, j'ai fait des bleus aux copains car je battais la mesure, je me casse la voix au bout de quelques chansons mais je continue (je suis restée 2/3 jours aphone).

c'est mon premier concert géant, mon premier concert du boss aussi. je n'ai quasiment jamais détourné les yeux de la scène, je ne me souviens pas avoir vu des gens évacués, par contre les cavalcades de Bruce sur les "extensions" de la scène et la foule entière qui tourne la tête pour le suivre, je m'en souviens. Par contre si le bandana était gravé dans ma mémoire, la casquette ne l'était pas.

puis c'est la fin, nous sommes épuisés mais euphoriques, il fait doux et il faut retourner aux voitures qui sont garées à des "kilomètres", on chantonne, on discute du concert, on se met à hurler Born in the USA, toutes les personnes que l'on croise ont l'air comblées, en tout cas les sourires sur les visages ne trompent pas.

et en fait une fois arrivés aux voitures qui étaient heureusement garées à l'ombre, un grand coup de fatigue, l'adrénaline qui redescend, (un copain habitué au camping avait prévu une glacière avec boissons et sandwiches), on dévore, puis on s'assoupira dans les véhicules 2/3 heures et nous ne rentrerons que vers 5 h du matin. d'autres personnes ont fait comme nous.

voilà ce qui me revient à l'esprit pour le moment.

ah si, mes parents "effrayés" à l'idée de ce concert géant, qui n'ont pas dormi de la nuit et qui m'ont téléphoné à 7 h du matin, je venais à peine de m'endormir. Ils m'ont dit qu'ils avaient essayé une dizaine de fois.



L'integrale en Audio

Title: Breathless In Paris : AUDIO - Uber Series Vol. 17
'Label': Ev2
Format: 3CD
Source: Soundboard
Date: June 29, 1985.
Location: Parc De La Courneuve, Paris, France.

Disc One:
01 Born In The U.S.A.
02 Badlands
03 Out In The Street
04 Johnny 99
05 Atlantic City
06 Introduction
07 Shut Out The Light
08 The River
09 Working On The Highway
10 Trapped
11 Darlington County
12 Glory Days

Disc Two:
01 The Promised Land
02 Introduction
03 My Hometown
04 Thunder Road
05 Cover Me
06 Dancing In The Dark
07 Hungry Heart
08 Cadillac Ranch
09 Downbound Train
10 I'm On Fire

Disc Three:
01 Because The Night
02 Rosalita (Come Out Tonight)
03 Introduction
04 Can't Help Falling In Love
05 Born To Run
06 Bobby Jean
07 Ramrod
08 Twist & Shout (w/ Do You Love Me)
09 Rockin' All Over The World

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Publié dans Retro et Souvenirs

Commenter cet article

lounisproduction 16/02/2017 04:45

J ai le concert de montpellier de 85 quelques jours avant celui de Paris en video!. Youtube me bloque la video qd je le met. J ai aussi born to the USA live a st etienne...

Laurence 14/06/2016 07:48

Bonjour,
Magnifique article, rien à dire...J'y suis allée aussi , j'étais au lycée, on s'est pointés sans billet, escalade des palissades en bois avec la trouille de se faire attrapés...Les vigiles, les chiens, aïe Aïe aïe...Les vigiles discutent par radio , puis reviennent vers nous..."C'est bon vous pouvez y aller !"..........."QUOI ?"
on en croit pas nos oreilles..........On a filé comme des lapins..........C'est la 1 ère et dernière fois que j'ai vu Le Boss ............;C'était le concert de ma vie !