Bruce Springsteen Paris bercy 20/06/2005

Publié le par mikael bourbon



Ritool

Les hostilités ont commencé à 15h04, je monte dans le RER gare de Cergy le Haut. Trois arrêt plus loin une horde de mômes en furie (une classe en excursion a priori) monte dans le RER ... ça commence bien ...
Ensuite le train qui s'immobilise de longues (trop longues) minutes, deux arrêt plus loin, d'après un type dans le wagon un mec qui se serait balancé sous le train ...
j'arrive donc tant bien que mal 1h plus tard à la Gare de Lyon ou je peux enfin me poser en compagnie du sieur J@zz ainsi que quelques spiriters bien inspirés;);)
Je fait donc plus ample connaissance avec yann et pascal74, ainsi que 2 autre spiriters dont j'ai oublié le pseudo (désolé)

Ensuite direction la demeure du sieur J@zz, yann est excité comme un gosse qui attends ses cadeaux, un coup de fil: Point Blank en soundcheck ... la pression monte d'encore un cran, ça promet d'être grandiose.

Quelques temps plus tard, terrasse de la franquette (fief du pastaga tour) ... discussions, rencontre de madame J@zz ... puis direction le métro ... le sieur J@zz est tellement énervé qu'il a bien failli se planter de ligne et d'arrêt ... Au final on arrive quand même à bon port et dès le pied posé en dehors du métro je me dis "ça y est", dix enjambées plus loin un scalpeur qui propose des places

Devant le POPB, la folie, on croise tout un tas de spiriters, Théo le premier si j'ai bonne mémoire, on discute 5 min par ci, 5 min par là, puis on se met en quête du grand et peu chauve annem, que l'on fini par trouver (en étant passé presque a coté de lui 2 fois) attablé avec quelques spiriters (Hervé, Estreetmum entre autre).

19h30, direction l'intérieur du POPB, on rencontre Mr JLB et Junior, de là planquage des appareils photos et d'enregistrement en tout genre, observation de ce que donne les fouilles (pas trop regardant les mecs heureusement) et plaçage dans une file d'attente et là JLB à une idée lumineuse ... "vous êtes sur que c'est la bonne entrée ?" ... et s'était effectivement pas la bonne.

On arrive enfin devant notre entrée ... marrant ya pas beaucoup de queue ... c'est ptet parce qu'on est tous sur les 3 premiers rangs ...
A travers les grilles on discute rapidement avec Dydyne, Shogun et Irish Boy, on fait la connaissance de nymus (prononcer nymousse, on c'est fait taper sur les doigts ...)
Shogun je te pardonnerais jamais ton tee-shirt Manson ... c'est indigne !!! (junior je peux pardonner le tee-shirt system of a down, c'était le baptême du feu pour lui)

Avec yann on en peut plus, il faut qu'on entre ... la fouille passe sans blem ... le service nous place ah nos places respective (1er rang pour moi, 2e pour yann), et peu a peu la salle se remplit et tout autour de moi ... que des potes !!!

Estreetmum a gauche, dydyne a droite, JJ et sa moitié pas loin a gauche, annem (qu'on ne remerciera jamais assez) juste un peu plus loin. Pas loin derrière JLB et Junior, Théo, yann et fillip. On rencontre encore tout un tas de Spiriters, on supporte la programmation musicale nullissime ... avec une reprise d'une chanson de patti juste pour dydyne.

Je prepare mon mp3, mon appareil photo ...

Bruce est en retard … on va mettre ça sur le compte de l’âge ... la salle l’appelle a grand coup de BRUUUUUUUUUUUUUUUUUUUCE et d’applaudissements

20h39 précise, Bruce arrive ... tonnerre d’applaudissement, Bruce nous parle dans un français disons ... hilarant, les premières notes de My beautiful reward  me prenne direct au bide, j’ai des frissons comme c’est pas permis. Je tourne ma tête à droite pour voir une dydyne pleurant comme une madeleine ...

Reason to believe : que dire si  ce n’est que j’adore cette version, les coups de pied rageur sur le sol, la voix modifiée ... sublime, je prends deux photos et un connard vient me dire de rangé mon appareil.

Je pousse d’ailleurs un coup de gueule monumentale contre ces enc***** de la sécurité qui vienne m’emmerder alors que j’avais pas mis le flash et que tous les emmerdeurs et leur flash était pénard

Les titres s’enchaînent, la setlist est à pleurer, l’intro de Long time coming juste pour JLB, The river à tomber, I’m on fire … raaaaaaaaaaaaaaaaaah trop beau

Et là juste après Reno, Bruce s’installe ... commence un petit discours, fais un blanc, et la j’étends juste derrière yann qui hurle POOOOOOOOOOOOOOOOOOINT BLAAAAAAAAAAAAANK, et Bruce qui lui réponds "For my friend, yeah ... Point Blank"
Je deviens fou, yann aussi ... depuis le temps qu’on l’attendait.
Et puis tout le reste jusqu’à la fin de The Hitter ... Hénaurme, Hénaurmissime

Les dernières notes de The Hitter résonne (j’ai accroché mon sac) et là on cours comme des dingues ... ça se bouscule un peu, les mecs de la sécu font chier a se mettre devant nous mais J’AI BRUCE A MOINS DE 2 M DE MOI !!!
Dydyne est collé à la scène, je crois que je garderais un souvenir impérissable de sa tête qui regarde Bruce juste au dessus ...
J’essaye de toucher Bruce ou ça guitare mais je suis un tout petit peu trop loin et j’ai les bras trop court ...

Cadillac Ranch est méconnaissable, Better Days avec Eliott, Land of Hope and Dreams, The Promised Land,  Dream baby dream, C’est trop pour moi, je suis bon a interner d’urgence à l’hôpital psy le plus proche

Et puis c’est malheureusement la fin ... qui se solde par de nouvelles rencontres, notement Vincent que je voulais absolument voir ...

Je retiens aussi le médiator donné au gamin planté devant la scène ... la classe absolue !!!

On poursuit les discussions après concert, devant la sortie, on croise encore du monde, Marion, *P* ...
Hervé est pratiquement à genou devant Christophe ... Fillip qui se retrouve en panne de voiture

Je prends mon métro, priant pour avoir encore un RER ... j’arrive chez moi sans encombre il est 1h55 du mat je me connecte sur le forum laisse un message et trop excité pour dormir décide de regarder une série fraîchement téléchargée, que je ne connais pas Veronica Mars (ouai ça fait un peu serie pour ados pré pubère comme ça mais c’est pas mal du tout) et au bout de 25 min je tombe sur ce dialogue

Le père:

Tu te rappelles, avant j'étais cool.

Veronica

- Quand ?

Le père:

- En 77

- Trans-Am, Blue Oyster Cult dans l'autoradio

- Une blonde canon et pulpeuse sur le siège passager.
Les courses de voitures

- Attends un peu. Je confond avec une chanson de Springsteen.

- J'ai jamais été cool.
 

Ou comment par un simple dialogue à la con on fini la soirée en beauté ... je me couche il est 3h30 crever mais heureux ... et ça me poursuit ...


Point blank

Entre Rotterdam et Paris à la recherche de Leah…

Juste 2 concerts fantastiques, mais le sentiment que tout s’est achevé beaucoup trop vite comme chaque fois… un dimanche et un lundi de feu, une impression d’avoir pris un apéritif et de ne pas avoir eu la suite…  

Ces années passées ou je partais pour 1 ou 2 concerts entre Angleterre ou Belgique, je revenais et puis je repartais à nouveau pour l’Espagne ou ailleurs… au passage beaucoup de gens passionnants croisés au hasard des gares, des rues, des salles de concerts, des bars… et des hôtels avec le Boss himself comme à Amsterdam en 2003, à Madrid en 1999 avec tout le E Street Band dans un dimanche inoubliable avec dédicaces et photos de quasiment tout le monde et le soir après minuit Bruce avec Patti (à la sortie d’un resto) toujours disponibles, à Nice et Lyon en 1997… bref beaucoup de souvenirs et ce n’est pas prêt de s’arrêter, à suivre… à condition que l’aspect financier ne freine pas toutes ces bonnes vieilles habitudes !

Cette fois-ci malheureusement presque rien de tout ça… pas eu le temps, pas de tentatives de photos ou de dédicaces à l’hôtel… billets trop chers ou simplement pas de possibilité d’en avoir (Espagne ou Belgique) donc moins de concerts, juste un week-end d’évasion entre Pays Bas et France, pas même eu à subir une grêve SNCF… c’est tout dire… mais bon il reste tout de même 2 superbes soirées d’intenses émotions !

Je me souviens d’une grande excitation à la sortie de cet album et à l’annonce d’une nouvelle tournée, toutes ces infos glanées ici et là grâce à internet, « follow that dream » l’histoire continue…
Cet album, Devils & Dust, je l’aime bien, je l’ai souvent écouté, au début j’ai plus accroché sur des titres comme Long Time Coming, Maria’s Bed ou le superbe Leah, et puis j’ai  appris à le découvrir avec d’autres titres magnifiques comme Matamoros Bank, Reno ou Devils. J’ai été un peu étonné par tous ces avis négatifs du début, peut-être plus une déception par l’absence du E Street Band qu’autre chose… comment peut-on être aussi affirmatif (limite extrémiste) juste après quelques jours d’écoute…
Pour moi cet album est vraiment excellent, avec le temps il va se bonifier comme un bon vin.
Aujourd’hui j’ai encore plus de plaisir à écouter The Rising presque 3 ans après… bien sûr Bruce ne refera pas un Darkness 2 ou un Born To Run 2 (et heureusement !!)   il a su évoluer, il compose aujourd’hui des choses différentes qui lui correspondent, sa voix a changé au fil du temps, les textes et les mélodies sont toujours là, il peut continuer longtemps comme ça… l’alternance acoustique/électrique me plait bien !

Donc voilà après une semaine de vacances à la campagne (sans internet, de temps en temps  ça fait pas de mal…) départ dimanche matin vers 06h00 train destination Rotterdam, 2 ans après j’ai l’impression que tout recommence… arrivée vers 16h30, direction hôtel, chaleur terrible… mais ça n’empêche pas les nombreuses ballades à vélo comme j’ai pu le constater durant le trajet.

La pression monte (attention pour les spécialistes il ne s'agit pas d'un mauvais jeu de mot), je croise quelques visages connus, du moins reconnus dans des tournées précédentes, en route pour le Ahoy, salle largement aussi intimiste que Bercy, mais bon on va vérifier tout ça  !
Ce billet je l’avais eu par hasard un soir vers minuit lors d’une ultime tentative de connexion sur le site hollandais, coup de bol, mais quand j’ai vu l’emplacement j’ai un peu déchanté sur mes 64,00 Euros du ticket… en haut au fond de la salle… c’est la première fois que je suis aussi loin pour un concert en salle du Boss… je vais avoir ce qu’on appelle une « belle vision globale » sur un public de 6500 personnes… le principal c’est d’être là… mais je regrette de ne pas avoir pris une paire de jumelle avec megazoom automatique… et je ne parle même pas du super écran géant placé de chaque côté de la scène… impressionnant par sa petite taille !!
Ambiance sympathique, hollandais très cools, la bière d’avant concert coule à flot, par contre pendant le show l’accès au stand ne sera autorisé qu’à certains moments. Normal, on n’est pas non plus à la fête de la bière !

Bruce arrive sur scène, tranquille, empoigne une guitare, là c’est plus étonnant à ce moment du show...
Début de concert avec Adam Raised A Cain, je m’attendais à « une jolie récompense » et je me retrouve avec ce conflit paternel… étonnant superbe début !
Jusque là je n’avais écouté partiellement qu’un seul boot de cette tournée, je préférais découvrir en vrai « live » … en tout cas j’avais assez peu apprécié cette nouvelle version de Reason To Believe qui suit… faut dire que le boot n’avait pas un son terrible… c’est marrant, j’ai lu quelque part que quelqu’un remerciait un ami qui lui avait fourni une copie d’un show mais qu’il y avait un vrai problème de son avec la chanson 2 !!!...
Je suis maintenant moins déstabilisé par cette version vraiment déjantée, j’ai apprécié davantage, ce pied qui frappe le sol avec rage et plus ou moins d’intensité, on sent les vibrations dans la salle, cette harmonica hurlante, tout le monde retient son souffle entre ceux qui ne comprennent pas qu’on touche ainsi à l’original… ceux qui ne reconnaissent pas le titre (sûrement beaucoup) et ceux qui ont aimé ce traitement blues plus que brut d’un classique de Nebraska… ou il est quasiment impossible de reconnaître les paroles, c’est ce qu’on appelle une grosse prise de risque mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime le rocker du New Jersey !

La suite se radoucit même si le sujet est grave, Devils & Dust, je la trouve différente de la version de l’album, peut-être plus réaliste encore « le doigt sur la gachette » .
Lonesome Day, excellente interprétation, que je n’aurai jamais imaginé entendre de façon acoustique, pas évident… It’s alright, it’s alright, it’s alright…
Bruce a quelques soucis avec certains mots de la langue locale, finalement il n’est pas si mauvais que ça en français pour expliquer la petite histoire de certains titres !
Ensuite une de mes chansons préférées, Long Time Coming, depuis que je l’avais entendue sur la tournée Tom Joad à Lyon/Nice/Toulon/Paris j’ai toujours beaucoup aimé ce titre, j’aime cette mélodie, cette façon de chanter loin du micro sur certains couplets rendant la performance vocale plus impressionnante… mais maintenant je crois que je préfère en particulier la  version de l’album, le genre de titre qui devrait bien sonner avec le E Street Band et devenir un classique, s’il ne l’est pas déjà en voyant à quel point il est applaudit !

On arrive à un moment du show ou vont s’enchaîner des passages tout aussi superbes et que je ne pensais pas entendre là : la trop rare et émouvante My Father’s House, le classique For You au piano, même punition sur Two Faces magnifique titre de Tunnel of Love, la magie continue avec The River sublime et qui file toujours autant de frissons , et pour enfoncer tout ça un State Trooper terrible sorti directement de l’enfer, exceptionnel avec hurlement et tout « Hey mister State Trooper please don’t stop me » wwowww  on en redemande, s’il avait joué Open All Night l’effet aurait été identique et le public aussi envoûté, très grand moment d’un extrait d’un album vraiment à part dans sa discographie !!!
C’est là que je comprends en fait pourquoi on est loin de la superbe tournée de Tom Joad, beaucoup plus de folie par moment, plus de rythme, plus de prise de risque, alternance d’instruments et toutes ces différentes surprises chaque soir…

On revient à l’album avec All I’m Thinking About, jolie voix qui monte très haut, Bruce qui s’amuse, beaucoup d’ambiance, tout le monde chante et tape des mains pendant le refrain et soudain tout s’arrête brusquement dès qu’il ralentit, parfaite harmonie entre le public et son héro, le genre de titre dont la mélodie reste longtemps en tête.
I’m on Fire au banjo, Bruce qui siffle, on se croirait dans un bon vieux western avec musique d’Ennio Morricone, superbe mais trop court !
Une chanson qui divise les américains, Reno, quelle vulgarité ce Bruce qui se met à écrire avec des mots qui choquent…, là aussi une très belle mélodie sur une histoire d’amour malgré tout…, une version live que je trouve supérieure à la version de l’album.
Un autre moment magique du show Counting on a Miracle au piano, un titre que je trouvais moyen au début que j’avais écouté l’album The Rising et qui là prend une vraie dimension, une agréable surprise… la même sensation agréable avec la version piano de Real World le lendemain à Paris !
Racing in the Streets, quel plaisir de retrouver cette chanson, le classique absolu, une de mes 5 chansons préférées définitivement, tellement belle et émouvante même sans la présence de Roy… J’ai toujours des frissons quand j’entends les premières notes du piano, même effet quand je découvre les premières mesures de  Backstreets ou Jungleland, la vraie émotion que seule la musique peut donner dans ces moments-là !

La suite est étonnante avec The Rising qui sonne finalement très bien aussi en acoustique, intéressant la façon dont Bruce reprend la partie « Dream of Life », il sait décidemment tout faire cet homme… song-writer, guitare, harmonica, piano, banjo et maintenant les chœurs !  Pareil pour Further On (up the Road) enchaîné juste après, ou quand le rock’n’roll se retrouve dans sa forme la plus épurée, géant !
L’ambiance se ralentit, Bruce qui revient au piano pour Jesus Was An Only Son, un autre joli titre, entre chaque couplet il parle des gosses, de l’église (j’ai pas tout compris… faut dire que ma relation avec la religion est plutôt franchement mauvaise…)  je ne sais pas pourquoi ce moment m’a fait penser à My City of Ruins…
This Hard Land, celle-là aussi je l’aime beaucoup, superbe texte et mélodie, j’ai l’impression qu’elle est un peu le lien entre le Bruce des anciennes années et le Bruce d’aujourd’hui, interprétation dans le style de la tournée Tom Joad… Stay hard, stay hungry, stay alive…
Des gens commencent à descendre discrètement pour se rapprocher, une chanson sur un boxeur, The Hitter, autre ambiance Tom Joad, idem avec la ruée vers la scène à la fin de la chanson.
Fin de la première partie comme d’habitude avec l’exquise Matamoros Bank et le grand respect du public à ce moment-là malgré les mouvements de foule…

Petite pause très courte de Bruce, pour revenir avec une version acoustique mais très festive de Ramrod, grosse ambiance avec tout le monde debout qui tape des mains et le gars sur scène qui s’amuse comme un gosse avec les gens des premiers rangs.
Une chose étonnante, le lendemain à Paris il va jouer à ce moment du show Cadillac Ranch et dans le même style musical, ce qui m’a fait penser à un moment qu’il rejouait Ramrod…. Curieux ses versions vraiment très (trop) proches musicalement, faudra que je réécoute sur un boot !
Le retour de Bobby Jean, toujours un plaisir de l’écouter, même version qu’en 1997.
Fin de concert, comme le lendemain en France avec tout d’abord Land of Hope and Dreams, un titre souvent synonyme de fin de soirée, mais une bien belle version ralentie, ensuite le désormais classique Promised Land tout simplement frissonnant dans un silence quasi-religieux et pour se quitter Dream Baby Dream, que je découvrais (depuis que j’en entends parler sur le forum), maintenant je comprends mieux pourquoi le refrain et la mélodie de cette chanson reste longtemps dans la tête tout au bout de la nuit… une chanson idéale pour la fin du show…

Le lendemain départ pour Paris, arrivée vers 12h00 dans la capitale, avec une chaleur pire que la veille, direction un petit hôtel pas très loin de Bercy.
Visiblement l’hôtel est rempli de gens qui vont au concert, le gars sympa à la réception me dit « curieux tout ce monde, il y a quelqu’un qui passe à Bercy ce soir ? » je lui répond « Bruce Springsteen » et il me dit  « ah oui il est bon à la guitare lui !! »… j’aurais pu lui dire « maintenant il est bon aussi au piano… et même au banjo !! »

Le temps de poser le sac, se rafraîchir et je retrouve vers 13h00 un ami de la région de Bordeaux pour aller manger.

Vers 15h00 direction le Frog, point de ralliement de spiriteurs, pas grand monde, d’un côté je préfère car je n’aime pas trop ce genre de réunion en nombre ou l’on n’a pas vraiment le temps de connaître les personnes même si je suppose que les groupes se forment en fonction des affinités…
Bon JC  et d’autres ce sera pour une autre fois, pas forcément pour un concert du Boss…
Un bon Iced Coffee à 5,50 Euros on reste là jusqu’à environ 16h30 à parler du show de la veille et d’autres souvenirs, mais aussi heureux d’être là pour bénéficier de la fraîcheur du lieu, on part faire un tour  du côté de la salle, après avoir traversé ce grand parc que je ne connaissais pas…

Le soir après avoir croisé plusieurs fois Antoine De Caunes devant Bercy puis sa fille avec Pierre Lescure en rentrant dans la partie "E" des gradins, je rencontre enfin 2 spiriteurs Olivier (OL54) et Buddy , en fait assis tout à côté (rang 16) car j’avais revendu 2 places à Olivier… Sympa de pouvoir discuter un petit peu, je retrouve aussi avec plaisir Christian et sa petite famille des Landes, connu depuis Barcelone en 2002.

Au sujet des places, j'ai été bien déçu d'avoir acheté le jour de la mise en vente à 10h01 sur Francebillet des catégories 1 et me retrouver en gradins… faudra m'expliquer un jour même si je sais que des zones sont réservés… la prochaine fois ce serait bien aussi qu'un plan de situation digne de ce nom soit proposé… et je ne parle pas du prix honteux des billets…

Le début de concert n’est pas loin…
Voilà pas la peine de raconter la suite, tout le monde connaît, sensation égale à celle de la veille, public sans aucun doute meilleur… mais ça c’est difficile à évaluer, la passion fait que l’objectivité en prend toujours un coup…

Finalement pour comparer avec le show de Rotterdam il y a eu 9 titres de changés à Bercy :
-My Beautiful Reward (Adam Raised A Cain)
-Empty Sky (Lonesome Day)
-Silver Palomino (My Father’s House)
-Real World (For You)
-Part Man, Part Monkey (Two Faces)
-Point Blank (State Trooper)
-Mary’s Place (Counting on a Miracle)
-Cadillac Ranch (Ramrod)
-Better Days (Bobby Jean)

Les 2 shows se complètent pas mal, j’ai eu la chance d’entendre à Paris un titre que j’aime particulièrement : Point Blank, même si j’ai connu de meilleures interprétations, ça reste un titre majeur !
Cette version de Real World au piano comme pour Los Angeles 1990 est fantastique, complètement différente de cette version sans âme sur Human Touch, comme quoi il aurait suffi de peu de choses pour que cet album ne devienne pas le « maillon faible » (clin d’oeil au vine des Nocturnes) de sa discographie…
Pareil pour Part Man, Part Monkey un titre que je n’aimais pas beaucoup sur Tracks et qui dans cette tournée est devenu énorme, envoûtant comme si le diable avait finalement réussi son pari !

Une réserve au sujet de Cadillac Ranch (titre que j’adore) mais joué dans une version bien proche de celle de Ramrod du concert précédent… curieux cette ressemblance… même si le fun était bien là… mais Cadillac Ranch et Ramrod c’est tout de même 100 fois mieux avec la batterie de Max derrière…
Comme d’habitude à Paris ça fait toujours plaisir de voir monter sur scène l’excellent Elliott Murphy, Bruce fidèle en amitié… par contre j’aurai préféré  comme titre un petit Stolen Car par exemple (ou une autre ballade) car  j’ai trouvé que sur Better Days c’était parfois limite, ce titre fonctionne tellement mieux avec la voix rageuse de Bruce… mais bon…

Une dernière chose qui m’a marqué, ce sont les très longs applaudissements entre chaque titre, un respect total dans les deux sens, Bruce et le public une histoire pas prête de s’arrêter !


Finalement je n’ai pas réussi à rencontrer Leah, ce sera pour une autre fois… peut-être pas la meilleure chanson de Devils & Dust mais une de celles que j’aurais voulu le plus entendre avec Maria’s Bed… on gagne pas à tous les coups…

Quand je pense qu’il a joué Fade Away à Goteborg…



Springsteen, tout en un

Par Judith Perrignon
Envoyée spéciale à Bruxelles pour Libération
20 juin 2005

Le Boss en solo à Bercy, bien remis de sa défaite contre Bush

Bruce Springsteen, ce soir au Palais omnisports de Bercy, Paris XIIe

La dernière fois, c'était un soir de novembre, sur les terres ouvrières de Cleveland. Il pressait les gens de s'inscrire, de voter, de faire barrage à Bush. Mouillait sa chemise comme toujours. Offrait comme jamais le manche de sa guitare à la bataille électorale.
Bruxelles, le 30 mai. On le retrouve, seul sur scène, dans le cadre d'une tournée mondiale qui visite l'Europe. Il y a un rideau de velours rouge. Deux lustres. Un orgue, un piano, sa guitare, l'harmonica. Bruce Springsteen va de l'un à l'autre, se démultiplie. Offre à voir ce qu'il est, homme taillé dans le rêve américain, écorché par la désillusion, gorgé des affluents du rock'n roll, habité de souvenirs. Il explique en français puis en flamand qu'il a besoin de silence.
Homme-orchestre d'un théâtre d'ombres.

Ondes indiennes

D'abord, on ne reconnaît pas le deuxième morceau. Dans la main droite, l'harmonica. Dans la gauche, un micro, telle une capsule qui fait voyager sa voix loin vers le blues. Sa botte tape et scande fort le rythme. La voix, le souffle, le corps, tout ondule. Springsteen diffuse à lui seul ondes indiennes, Tom Waits et complainte du Mississippi.
Frissonnante version de Reason to Believe, touche optimiste du sombre Nebraska, de 1982. Puis il s'installe au piano, y plaque ses accords de guitariste, avec le sourire d'un trébuchant.
Le revoilà, gosse fidèle aux bruits de l'enfance, qui écoutait depuis sa chambre le cliquetis des accessoires de beauté dans la salle de bains où sa mère se préparait pour aller travailler. Il la raconte friande de livres romantiques et lui dédie ses chansons d'amour. Il raconte son père, plus carré et rationnel. Il ne fait plus très long sur l'histoire du paternel fâché avec la guitare de son fils. Il avoue même en se marrant que ses propres enfants le trouvent parfois un peu vieux con. Sa main indique la taille d'un fils qui désormais le dépasse.
En deux heures quinze, il y a du passage : parents, migrants pauvres qui hantent la frontière américaine, ciel vide de New York après les avions d'Al-Qaeda, silhouette d'un soldat américain le doigt tremblant sur la gâchette dans la poussière irakienne, Jésus fils unique, grosses bagnoles pleines de gens et d'histoires. Il y a les ballades, The River, Racing in the Street... qui font de lui un redoutable fabricant de souvenirs. L'autorité de sa guitare, comme un écho aux concerts survitaminé avec le E Street Band. La voix s'envole parfois très haut, puis revient racler le fond de la gorge. Elle prouve que la maturité offre plus de choix que la jeunesse. Springsteen en est là. Fils et père à 55 ans. Imagerie et négatif de l'Amérique. Ex-futur du rock'n roll devenu l'une de ses plus belles pages. Il pioche dans tous ses albums, comme dans des boîtes où s'entassent souvenirs et photos de famille. Il remercie le public d'avoir laissé sa musique infiltrer leurs vies. Springsteen est une figure, pas un mythe. L'homme est plus consciencieux que sulfureux, plus fidèle que rebelle.

Minoritaire

Il finit comme il a commencé, derrière l'orgue. Dream, Baby Dream, reprise de Suicide. Bruce Springsteen ne va plus à l'église, "J'ai reçu une éducation catholique, mais je ne pratique plus." Plus que la scène. Il ne l'a pas quittée depuis trois ans. Il y a eu le marathon The Rising, album post-11 septembre, la tournée électorale, perdue. L'Amérique l'a finalement rendu minoritaire. Il est retourné à sa musique et ses fantômes, dans son ranch doré du New Jersey. A écrit un nouvel album, Devil and Dust. Il est ce soir à Bercy.


Bruce Springsteen, fort et démuni

Par Bertrand Dicale
Envoyé spécial à Bruxelles pour le Figaro
20 juin 2005

Il y a le Bruce Springsteen musculeux, celui des sueurs et des ferveurs électriques, celui qui bombe le torse en figure de proue du E Street Band, celui de la tournée The Rising - le rock dans son versant bandana trempé et hymnes mâles. Et puis il y a le Springsteen de Nebraska, du Ghost of Tom Joad, du tout neuf Devils & Dust, retrouvant l'esprit de la poésie populaire américaine, des murder ballads anonymes à Woody Guthrie. Quelques années après l'historique tournée acoustique Ghost of Tom Joad, il reprend sa métaphore de l'individu fort et démuni à la fois en se présentant seul en scène. L'autre jour à Bruxelles, il demandait le calme en ouverture du concert : "J'ai besoin de silence pour faire un bon show, ce soir." Il s'agit moins d'une communion de puissance et d'énergie que d'une galerie de portraits, d'un recueil d'histoires.

Mais si, avec sa précédente tournée en solo, il se posait dans la tradition du musicien armé de sa seule guitare acoustique, la tournée Devils & Dust le montre dans l'ordre de la performance, quelque part entre le dépouillement folk originel et l'opulence technique d'un musicien d'aujourd'hui. Nombreuses guitares, effets sur la voix, piano, harmonium, nappes électroniques : Bruce Springsteen, en bon entertainer, a le souci de ne jamais laisser trop longtemps s'installer la même texture sonore, même s'il est seul en scène...

Il y a en lui une part de show business assumé, comme dans ses commentaires entre les chansons : quelques paroles complices pour tous les pères de familles ("On passe vite de l'état de Dieu tout-puissant à celui de sombre idiot"), quelques confessions sur son rapport à son catholicisme natal, des considérations sur les chansons qu'il a ratées, d'excellentes blagues de scène ("J'ai mis du temps à faire des chansons d'amour parce que mon père m'avait élevé dans l'idée que c'est de la propagande gouvernementale : vous tombez amoureux, vous vous mariez et ensuite vous payez des impôts").

Sa jubilation est de changer chaque soir la setlist (les fans vont comparer, rêver et faire des statistiques sur le site backstreets.com), de prendre à contre-pied les attentes et les effets d'annonce. Ainsi de l'enchaînement magique de Long Time Comin' et Silver Palomino, deux chansons aux dimensions et à la portée immense, ou d'une version sépulcrale de Reason to Believe chanté a cappella - voix broyée par un micro d'harmonica, rythmique tenue en frappant le sol du talon, mélodie réduite à un blues primal.

C'est dans cette manière d'offrir ses chansons, autant peut-être que dans leur matière, que réside l'irremplaçable de Springsteen, à la fois star et humaniste, star et aventurier. Avec pour fil rouge les chansons de Devils & Dust, leur poids de compassion et de fraternité, il chante un monde de blessures et de courage, de défaites et de foi. Une figure adulte du concept de résilience qui passionne la psychiatrie d'aujourd'hui ? Pourquoi pas, mais aussi les myriades de destinées individuelles de l'histoire américaine, et leur universalité. Et aussi les doutes, les regards en arrière, les simplicités, les incertitudes d'un des plus grands noms de la musique mondiale, qui n'oublie pas d'où il vient.
D'ailleurs, il ne joue pas Born in the USA...

Ce soir, Paris (Bercy).


L'integrale en audio

My Beautiful Reward
Reason to Believe
Devils & Dust
Empty Sky
Long Time Comin'
Silver Palomino
The River*
Real World*
Part Man, Part Monkey
All I'm Thinkin' About
I'm on Fire
Reno
Point Blank
Mary's Place
Racing in the Street
The Rising
Further On (Up the Road)
Jesus Was an Only Son
This Hard Land
The Hitter
Matamoros Banks
Cadillac Ranch
Better Days (with Elliott Murphy)
Land of Hope and Dreams
The Promised Land
Dream Baby Dream

disc 1
http://www.megaupload.com/fr/?d=TO3751ZB

disc 2
http://www.megaupload.com/fr/?d=KS3H1LKJ


Publié dans Retro et Souvenirs

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